Achète-toi une vie, bordel !

Achète-toi une vie, bordel !

Achète-toi une vie, bordel ! 
Ces mots résonnent dans ma tête avec une violence inouïe. 
Achète-toi une vie, bordel ! 
Voilà les mots que m’a balancés en pleine tête ma FJ alors que je lui proposais un temps d’échange. 
Après tout, 8 ans ses sont maintenant écoulés depuis la reconnexion. 8 ans de doute, de peur, de tristesse, de pleurs, de libération émotionnelle, de remise en question, de changements divers et variés dans ma vie. 8 ans. Et je croyais avoir trouvé une certaine stabilité.
Au fil de ces 8 ans, j’ai appris à me laisser porter par ce qui me traverse. Ne plus vouloir contrôler mais accepter ce qui est. Alors, quand l’élan de lui proposer une rencontre a  émergé en moi, malgré l’intensité des peurs que je ressentais encore, je me suis dit qu’il s’agissait d’un élan de la Source, que cette reconnexion, même fugace, même expéditive, aurait forcément un sens et une raison d’être. Ce serait certainement encore une de ces brèves reconnexions que sait orchestrer la Source pour nous permettre de jauger notre avancée. Mais ce n’est pas la Source qui a orchestré cette rencontre. C’est bien moi. Ou peut-être que non, finalement, car je sais bien que lorsque nous ne devons pas nous voir, j’ai beau utiliser une multitude de stratagèmes, rien ne se produit. J’ai pu le tester dans le passé. Je sais bien que la Source est bien plus fûtée que moi… Mais finalement, cette fois-ci, la Source a permis cette rencontre. Et j’ai pu tester notre avancée. 
Confond-elle toujours force et violence ? Est-elle toujours dans les apparences ? Superficielle, dans le paraître, dans la nécessité d’être incluse dans la société, quitte à se fondre en elle. Devenir invisible. Sans aucune caractéristique personnelle. Lisse. Neutre. Ne surtout pas se faire remarquer. Ne surtout pas prendre le risque d’être rejetée ni même simplement de se sentir rejetée. Se perd-elle toujours dans l’avoir ? Développant des signes extérieurs de richesse, pour se sentir reconnue et valorisée dans son activité professionnelle ? Elle ne semble avoir d’existence qu’à travers cette image qu’elle renvoie au monde. Toujours prisonnière de son faux self. Mais qui est-elle vraiment ? Je crois qu’elle ne le sait pas encore. Elle n’a pas encore fait le chemin. Elle croit encore que je ne suis qu’une emmerdeuse qui pourrit sa vie depuis 8 ans. Elle me rejette. Elle se rejette. Elle ne veut pas voir. Elle se complaît dans son déni. Elle résiste. Aussi fort que moi. Bien sûr que je le sais. Elle est mon miroir inverse et complémentaire. 
Achète-toi une vie, bordel ! 
Bien sûr qu’elle a raison. Je n’ai pas encore réussi à lâcher. J’ai toujours peur de la perdre. Même si j’apprends à faire confiance à la Source et que je sais bien que nous sommes liées depuis l’éternité et pour l’éternité. 
Bien sûr que cette idée me rassure et bien sûr que cette idée l’emmerde. Elle se sent privée de sa liberté. Qu’est-ce que j’y peux ? Je suis fatiguée du miroir qu’elle me renvoie. Je vois ma résistance en elle. Je vois mes certitudes : “C’est vrai merde, je vois ce qu’elle ne voit pas encore. J’ai raison et elle se trompe.” Et bien sûr que je vois mon ego en résistance. Mon ego qui sait mieux qu’elle et qui cherche peut-être encore à lui ouvrir les yeux. Et je sais que tout cela est inutile. Qu’aucune de ses prises de conscience ne pourra venir de moi. Que je dois m’abandonner à la Source, qui Sait, qui Oeuvre, qui nous fait agir dans le but d’atteindre ce plan divin quand nous serons prêtes toutes les deux. Bien sûr, nous avons encore des obstacles, des blessures. Bien sûr la guerre d’ego est toujours présente, visible, tenace. Pourquoi je n’arrive pas à lâcher ? Pourquoi je ne lui fous pas la paix ? Pourquoi je reviens encore ? Pourquoi je n’arrive à la sortir de ma tête, de mon corps, de mon cœur ? Pourquoi la Source ne me permet pas de vivre simplement ma vie ?
Achète-toi une vie, bordel ! En une phrase, elle a résumé tout ce que je n’arrive pas encore à faire. Je fuis ce monde matérialiste qui m’horripile. Je fuis cette superficialité. Ce monde du paraître. Je n’ai toujours pas réussi à me créer une stabilité financière. Et je suis encore dépendante d’elle. Achète-toi une vie, bordel ! Je suis encore tournée vers elle. Malgré tout ce que j’ai déjà réalisé. Pourquoi je n’y arrive pas? Elle continue de se mouvoir dans tout ce que je déteste et dans tout ce que je n’arrive pas à intégrer à ma vie. Mais je ne suis même pas sûre d’en avoir envie. Je n’aime pas cette superficialité, cette légèreté qui n’est qu’une fuite. Moi, j’aime la profondeur et l’authenticité. Tout ce qu’elle n’est pas. Alors pourquoi je l’aime autant ? J’aimerais pouvoir la détester. Au moins, ce serait certainement plus facile de ne plus revenir vers elle. J’aimerais la détester. Et je sais bien que c’est encore une manière de vouloir contrôler ce que je vis. 
J’ai cette image de cette statue de Jésus et son sacré cœur qui apparaît en moi. Il a son cœur ouvert et débordant d’amour pour tout et pour tous.
“Tourne-toi vers moi, me dit-il. Chaque fois qu’une pensée te renvoie vers elle, tourne-toi vers moi.”
_ J’aimerais, mais elle a ton nom dans le sien. Me tourner vers toi, c’est continuer d’être tournée vers elle.
_ Je ne suis qu’une représentation incarnée du divin. Tourne-toi vers Dieu, la Source, la Lumière, l’Amour. Et continue de garder le cœur ouvert. 
_ Je n’ai pas ta force.
_ Si, tu l’as. Je n’étais qu’un homme parmi les hommes. Ce que j’ai accompli, chacun de vous peut le faire. 
_ Je n’y arrive pas.
_ Tu y arriveras. Je crois en toi. Tourne-toi vers moi. Ressens mon soutien. Ressens mon amour. Nourris-toi de cet amour pour puiser la force dont tu as besoin. 
_ Cette notion de force me renvoie encore à elle. Elle porte la force dans ses énergies. Mais il n’y a que violence dans chacun de ses propos.
_ C’est parce qu’elle n’a pas encore réussi à ouvrir son cœur. Elle l’a verrouillé pour se protéger. Elle confond force et violence. La véritable force réside dans un cœur ouvert. Cette même force avec un cœur fermé se transforme en violence. Laisse-lui l’espace pour faire son chemin. Tourne-toi vers moi. Laisse-la faire ses prises de conscience. Laisse-la soigner ses blessures. Laisse-la s’accueillir et apprendre à s’aimer. Laisse-la se construire à l’intérieur. Alors seulement elle pourra s’abandonner dans l’espace du cœur. Pour reconnaître sa force, avec douceur. Pour arrêter de résister à ce qui cherche à s’exprimer à travers elle. Laisse-lui l’espace. Tourne-toi vers moi.
_ Je le veux. J’ai besoin de ton aide. Je veux ressentir ta présence. Je veux entendre ta voix.
_ N’oublie pas que mon nom est Amour. Je vois bien que tu cherches à me personnifier. Tu passes par cette image de Jésus. Mais je suis l’Amour. Chaque fois que tu es traversée par une pensée vers elle, tourne-toi vers moi. Tourne-toi vers l’Amour. Tu dis avoir besoin de mon aide. Et c’est vrai : tu as besoin de l’aide de l’Amour. Tu dis vouloir ressentir ma présence ; alors laisse l’Amour circuler en toi. Tu dis vouloir entendre ma voix ; alors laisse l’Amour s’exprimer à travers toi. Je suis là à chaque instant. Dans chaque relation. Dans chaque rencontre. Dans chaque expérience. Tu peux être tentée de ne pas me voir, en étant accaparée par tes blessures. Mais si tu observes bien, je suis là à chaque instant. Défais-toi de ces ombres que projettent tes blessures et tu me trouveras juste là. Je suis le joyau lumineux qui réside sous les poussières qui recouvrent ton cœur. Ton cœur est ce joyau oublié. Au fil du temps, délaissé, il s’est recouvert de poussière et de toiles d’araignées. Tu vas devoir faire le ménage à l’intérieur pour le laisser rayonner de sa Lumière d’or. Sa Lumière d’Amour. Tu as tout le temps dont tu as besoin pour cela. Le temps n’a pas d’importance. Alors, soit convaincue que tu y arriveras.
_ Oui, mais moi, je veux que ça aille vite. Le temps s’écoule et elle n’est pas là. Je lui en veux de tout ce temps dont elle nous prive. Car tout ce temps ne reviendra pas. Et plus le temps passe et plus longue est la douleur. 
_ Oui, je sais. Mais se sont à nouveau tes souffrances qui s’expriment à travers cela. Le temps n’a pas d’importance. Et en même temps, il en a. Il permet de calmer l’agitation, qu’elle soit physique, mentale ou émotionnelle. Il permet d’accéder au silence. Il permet d’accéder à la plénitude du rien. Alors, le Tout et le rien s’unissent et le rien se dissout dans le Tout. L’Amour et la peur s’unissent et la peur se dissout dans l’Amour. L’Unité et la dualité s’unissent et la dualité se fond dans l’Unité. Ne reste plus que l’Un. L’Amour. La Lumière. Dans cet espace-temps, la fraction de seconde se fond dans l’éternité. Ne reste que l’Amour. Qui englobe tout. Tourne-toi vers moi. Tourne-toi vers l’Amour.
_ Oui, je le veux. 

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