Entre la peur et l’amour, l’évitant dédaigneux choisit la peur…

Entre la peur et l’amour, l’évitant dédaigneux choisit la peur…

Chez l’évitant dédaigneux, le choix ne se fait jamais consciemment. Il ne se lève pas un matin en décidant de refuser l’amour. Ce qui se joue est plus ancien, plus profond, inscrit dans le corps et dans la mémoire affective.

Entre la peur et l’amour, l’évitant dédaigneux ne choisit pas la peur par manque de désir. Il la choisit parce que l’amour est plus angoissant encore que les peurs qu’ils maîtrisent en tentant de les maintenir à distance. Il aime croire qu’il contrôle ses peurs. Et d’une certaine façon, c’est vrai, il les contrôle par la fuite…

L’amour, lui, est un territoire incertain. Il implique la dépendance mutuelle. Il demande de rester quand quelque chose tremble. Il oblige à traverser la vulnérabilité sans armure.

Pour l’évitant dédaigneux, cette vulnérabilité n’est pas neutre. Elle réactive des expériences d’enfant où le lien était instable, intrusif, décevant, jugeant. Aimer, dans son système interne, équivaut à se mettre en danger.

Alors, quand la relation devient plus intime, quand l’autre s’approche avec sincérité, quelque chose en lui se referme. Ce n’est pas un refus frontal. C’est un glissement. Une prise de distance. Un refroidissement progressif. Un dédain qui s’installe là où l’émotion devient trop intense.

Le dédain est un mécanisme de survie. Il permet de rabaisser ce qui menace. De reprendre une position de hauteur pour ne pas ressentir la peur ou pour ne pas se sentir petit et vulnérable.

Entre la peur et l’amour, l’évitant dédaigneux choisit la peur ; parce que l’amour demande une présence qu’il n’a pas apprise. Parce que rester connecté à l’autre l’oblige à rester connecté à lui-même. Et cela, il ne sait pas le faire sans se sentir submergé.

Ce choix a un coût. Il coupe l’accès à une intimité réelle. Il maintient la relation dans une zone contrôlée, appauvrie. Il transforme parfois l’autre en menace, là où il n’y avait qu’une offre de lien.

Pour celui ou celle qui aime un évitant dédaigneux, ce choix est souvent incompréhensible. On se demande ce que l’on a fait de mal. On cherche à rassurer. À aimer plus doucement. À se faire plus discret.

Mais le combat n’est pas là. Il ne se joue pas entre deux personnes. Il se joue à l’intérieur de l’évitant.

Entre la peur et l’amour, il choisit la peur parce qu’elle le maintient debout. Parce qu’elle lui permet de ne pas s’effondrer. Parce qu’elle l’éloigne d’un territoire émotionnel qu’il n’a jamais appris à habiter. Parce qu’elle lui permet de maintenir les masques qu’il a appris à porterpar peur de se montrer authentiqueet d’être alors rejeté.

Les mots ici posent une explication qui ne justifie rien. Elle ne cherche aucunement à minimiser l’impact puissamment douloureux qu’il a sur l’autre : les silences qui font douter. Le dédain qui rabaisse et affecte profondément l’estime de soi, le rejet de sa personne, le non-accueil de ses émotions et de son vécu, la non-considération, l’indifférence, la fatigue émotionnelle et physique, les traumas que tout cela a généré…

Mais comprendre ce choix permet une chose essentielle : cesser de croire que l’on aurait pu faire autrement pour changer l’issue. Ses choix ne nous appartiennent pas. Et nous ne pouvons pas faire le chemin de guérison intérieur à sa place. Et il se peut qu’il ne le fasse jamais. Car même s’il en est évidemment capable, l’ampleur du chemin et tout ce qu’il implique le paralysent : accepter sa part de responsabilité, accepter d’avoir profondément blessé quelqu’un (qui en plus était cher à son cœur), accepter d’être vulnérable, accepter de ne plus fuir face à ses émotions…

Quand l’évitant choisi de rester dans ses peurs qu’il contrôle, ce n’est pas contre l’autre, c’est pour rester dans l’illusion de son contrôle et de sa toute-puissance, c’est pour se protéger.

Et pour ce qui concerne la personne en face, la véritable maturité consiste alors à ne pas lutter contre la peur de l’évitant dédaigneux, ne plus chercher à lui montrer tous ses dysfonctionnements que son illusion de toute-puissance l’empêche de voir et qu’il renvoie sur vous en miroir, mais accepter de le laisser face à lui-même, car quoi qu’il arrive, à ce stade de son développement, il n’est de toute façon pas en mesure ni de se remettre en question ni même d’aimer.

Alors, sortez de cette relation, que l’incapacité de l’évitant à se regarder rend, de toute façon, impossible.

Partager l'article

Laisser un commentaire

Fermer le menu

×
×

Panier