En cette fin d’année 9, il est temps de fermer la porte à cette expérience douloureuse qui n’a que trop longtemps duré. Des années de souffrances, de remise en question, de travail acharné sur soi-même, de guérison intérieure… Pour quoi? Pour rien. Pour toujours plus de retrait, de dénigrement, de violence, d’orgueil, de souffrance… des années d’incompréhension… des années à recevoir sa mauvaise foi et ses silences sans fin… ses critiques et même sa diffamation… par son incapacité à se regarder lui-même. Moi, j’ai la sensation d’avoir tiré le pompon, le jackpot, le pire de ce que peut être un évitant dédaigneux sévère ! La version la plus extrême, la plus violente, la plus fausse, la plus incongruente, la plus lâche ! Après toutes ces années, aucune remise en question qui pourrait l’amener à se dire : « Putain, j’ai vraiment merdé !… J’ai été ignoble ! Qu’est-ce qui m’a pris ? » Non, rien. Même pas un « je suis désolé ». Non, rien. Rien que de l’ego et de l’orgueil. Rien que des mécanismes de défense à outrance sans jamais voir ce qui se trame derrière ! Pas un « Et si elle avait raison ? » ou « mais merde, où est ma congruence ? Pourquoi rien de tout ce qui me tient à cœur (communication bienveillante, gestion des émotions et des conflits…), pourquoi je n’arrive pas à appliquer tout ce que je sais, de manière théorique, avec elle… » Pas un « En effet, elle est mon plus grand défi et à travers elle, la Vie m’invite à me dépasser et à guérir les blessures qui pourrissent ma vie au quotidien »… Non, rien. Rien que des « Tu fais chier bordel. Casse-toi. Arrête de me harceler. Je ne veux pas voir ta gueule. Achète-toi une vie ! Tu es dépendante ma pauvre fille ! Moi, je n’ai besoin de personne ! Tu n’es qu’une vagabonde, une errante. » L’évitant dédaigneux sévère tant toute sa splendeur quoi ! L’évitant dédaigneux sévère à son paroxysme ! Tout y est, en seulement quelques phrases : le dénigrement, la diffamation, la confusion mentale, le déni de ses dysfonctionnements, le maintien de sa toute puissance, le retournement de responsabilité, l’utilisation de ce qui a sauvé la victime de l’enfer généré par les comportements de l’évitant pour continuer de la rabaisser, le déni de sa propre vulnérabilité, l’incapacité à se connecter à ses émotions, l’illusion de son indépendance, son absence d’empathie… Tout est là… il n’aurait pas pu me montrer un visage plus caricatural que celui-ci. C’est finalement grâce à lui que la lucidité m’est enfin apparue. Dans la caricature de ses comportements égotiques…
Dans la distance imposée, au fil de ces longues années, j’ai envoyé de l’amour. J’ai envoyé de la colère, j’ai envoyé de la douceur. J’ai pardonné, mille fois. Et mille fois, je me suis pris d’autres coups en pleine face… alors, j’ai arrêté de pardonner, parce que j’ai compris que, finalement, ma colère me protégeait et que la barrière de l’impardonnable a été franchie. Humiliation, diffamation… violence verbale ayant entraîné des blessures physiques : une visite aux urgences avec un coude blessé alors que je me suis évanouie en pleine rue, sous sa violence verbale. Me retrouvant gisant sur le trottoir tandis qu’il continuait de me diffamer. C’est dire à quel point c’était violent ! Mais plutôt que de me retenir dans ma chute, il s’est poussé volontairement pour me laisser tomber… Oui, c’est du high level, je vous dis !… Peut-être était-il proche de son effondrement narcissique, allez savoir?… Quoi qu’il en soit, rien ne pardonne de tels comportements… A un moment, il est plus que temps de dire stop ! Avant de perdre toute son énergie. Avant de perdre définitivement la tête, sous l’ampleur de la confusion mentale qu’il maîtrise à la perfection. Avant d’y laisser sa vie… pour quelqu’un qui n’en vaut pas la peine.
Bien sûr, je sais qu’il souffre (même si lui-même ne le sait pas), qu’il lutte contre lui-même, que sa vulnérabilité lui est impossible à voir et encore moins à admettre, je sais qu’il se protège depuis bien trop longtemps derrière des masques qui ne sont pas lui, des masques qui nourrissent son orgueil et lui permettent de croire à l’illusion de son contrôle et de sa toute puissance. Mais moi, je suis fatiguée. J’ai tout donné. Bien plus que ce que je n’aurais dû. Je me suis épuisée. J’ai cru plusieurs fois que mettre un terme à ma vie était le seul moyen pour sortir de cette souffrance… Non, il n’en vaut pas la peine. Je suis sûre que même là, il s’en serait encore enorgueilli, disant « elle était faible », « elle était accro à moi », pensant « moi, je suis vraiment quelqu’un de fort et d’exceptionnel », « moi, je ne me laisserai pas submerger par mes émotions comme elle, moi je sui au-dessus de ça ». Il se croit fort parce qu’il est déconnecté de l’accès à ses émotions. Mais en réalité, « qui de plus faible que quelqu’un qui s’est coupé de son coeur? » Non, je ne lui donnerai plus cette opportunité de me dénigrer. Je ne verrouillerai pas mon cœur. Non, je continuerai de nourrir et partager ma sensibilité, mais plus avec lui. Non. Lui n’existe plus à mes yeux. Il n’a jamais existé. Il n’était qu’une illusion, un rêve, ou devrais-je dire un cauchemar. Je choisis de le sortir de ma vie. Il n’est plus rien. Rien. Tout au plus un vieux souvenir qui finira par s’éteindre. Il a été pour moi la pire expression de ce dont un individu est capable dans une relation.
Je vais continuer d’avancer. Mais plus dans l’espoir qu’il revienne. Je vais continuer d’avancer parce qu’il n’y a que ça qui ait du sens dans ma vie : continuer de guérir mes blessures, pacifier et élever mon âme, me rapprocher du divin pour le ressentir toujours plus dans mon coeur. Alors, je sais que je finirai nécessairement par lui pardonner à nouveau. Parce que cela fait évidemment partie du chemin. Si je veux atteindre cette paix, je ne peux nourrir aucun ressentiment. Mais en aucun cas l’accès au pardon ne m’oblige à le revoir. Je ferme la porte. Je ne lui dirai plus merci. Je l’ai déjà trop fait. C’est moi que je remercie. Je me remercie pour ma persévérance, pour ma force, pour mon courage. Et même pour ma sensibilité. Celle-là même qu’il a tant dénigrée ! Il faut être fort pour oser montrer sa vulnérabilité dans un monde aussi violent. Comme le disait Jiddu Krishnamurti : « Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale d’être bien adapté à une société malade. » L’évitant dédaigneux sévère, lui, répond à toutes les injonctions sociétales (dans le but de ne pas ressentir sa blessure de rejet), mais il est incapable de répondre aux sollicitations de son cœur… C’est un handicapé du cœur. Il n’est pas capable d’aimer ni de se laisser aimer.
A un moment, vraiment, dans le but de se préserver, de sauver sa peau, de se respecter, il est temps de lui dire stop. De continuer son propre chemin, de ne plus regarder en arrière, de fermer la porte et de classer les vieux dossiers. Cette fin d’année 9 m’y invite grandement. Et c’est ce que je décide de faire.
L’amour n’a pas perdu. Non. En réalité, l’Amour, le vrai, a gagné. Car c’est bien par amour que je décide de partir. Par amour pour moi, autant que par amour pour lui. Car, j’ai bien compris que, pour qu’il puisse enfin entamer son chemin d’introspection, il faut que je le laisse face à lui-même. Moi, je n’ai plus besoin de sa présence. Je n’ai plus besoin de chercher à expliquer quoi que ce soit. Je n’ai plus besoin de me justifier. Je n’ai même plus besoin de rien à vrai dire, me semble-t-il. Par amour, je ne lui imposerai pas ma présence, puisque le miroir que je suis pour lui, malgré moi, est trop confrontant. Ce qu’il voit de lui-même est bien trop moche pour qu’il puisse l’accepter. C’est pour cela qu’il est si violent. Par rejet de lui-même. Alors, par amour, je lui offre cette opportunité de se rencontrer lui-même, grâce à l’absence. Je n’ai plus besoin de le voir ni de lui parler. Je sais bien que nous sommes bien plus que des individus de chair. Et je sais aussi que ce que nous croyons être la vie n’est qu’une grande mise en scène pour nous permettre d’élever notre âme. Alors, grâce à mon absence, par amour, c’est ce que je lui permets. Il le fera ou pas. En aura-t-il le courage? Cela lui appartient.
Et par amour pour moi, je ne le laisserai plus jamais me manquer de respect ou me manifester la violence de sa personnalité égotique en lutte contre elle-même. Non. Plus jamais ! Alors, je m’en vais. Je sors de la violence de son emprise. Je reprends mon pouvoir. Je laisse à nouveau la joie, la paix, la lumière divine de mon être jaillir à travers moi et sur le monde. Je suis Paix, Lumière, Amour. Je choisis de tirer définitivement un trait sur la toxicité de ses comportements. En ce 25 décembre d’une année 9, je me fais enfin ce cadeau. 🎁🎄🌟🩵

Michèle Trotta
26 Déc 2025Merci c’est exactement cela