Rencontrer un évitant dédaigneux sévère

Rencontrer un évitant dédaigneux sévère

Rencontrer un évitant dédaigneux sévère ne ressemble pas, au début, à une expérience alarmante. Au contraire. Il peut apparaître charismatique, autonome, sûr de lui, parfois même rassurant par son apparente solidité. Il donne l’impression de savoir qui il est et de maîtriser sa vie.

Mais très vite, quelque chose se joue sous la surface.

Rencontrer un évitant dédaigneux sévère, c’est entrer dans une relation où la proximité est instable. Il y a des moments de connexion, parfois intenses, suivis de retraits soudains. Des échanges profonds, puis des silences inexpliqués. Des signes d’intérêt, puis une froideur difficile à comprendre.

Ce va-et-vient n’est pas accidentel. Il est structurel.

L’évitant dédaigneux désire le lien, mais redoute l’attachement. Il cherche la relation tout en cherchant à la contrôler.

Dans cette dynamique, l’autre commence souvent à s’ajuster. À attendre. À interpréter. À faire des pas de côté pour ne pas effrayer et respecter les besoins de l’évitant dédaigneux.

Mais peu à peu, la relation se déséquilibre. Et il vous le fera même remarquer, en sous-entendant évidemment que ce déséquilibre vient de vous…

Un élément central de cette rencontre est le dédain subtil. Il n’est pas toujours explicite. Il peut prendre la forme de sarcasme, de condescendance, de minimisation des émotions, de retournement de responsabilité : « tu exagères, tu en fait toujours trop, tu es trop sensible, trop demandeuse, tu es ingrate… Ce dédain permet à l’évitant de maintenir une position de supériorité émotionnelle et de se protéger de la vulnérabilité.

Rencontrer un évitant dédaigneux sévère, c’est souvent se heurter à une incapacité à parler des émotions de manière fluide. Les besoins affectifs sont perçus comme une pression. Les demandes de clarté comme des attaques. Les tentatives de rapprochement comme une intrusion.

Progressivement, la personne en face peut commencer à douter d’elle-même. À se demander si elle est trop sensible. Trop exigeante. Pas assez patiente.

C’est là que la rencontre devient dangereuse, non par violence immédiate, mais par érosion intérieure. La relation ne blesse pas d’un coup. Elle use. Et cela peut durer trèèèès longtemps… Jusqu’à ce que la personne en face finisse en par se positionner et à ne plus accepter les comportements dysfonctionnels de l’évitant dédaigneux. Car cela ne peut évidemment pas venir de lui. Son incapacité à se remettre en question empêche toute forme d’évolution de son côté. Il vous poussera à bout et continuera de plus à vous dénigrer en s’appuyant sur le trouble émotionnel que vous lui exprimez et dont il est la cause. Incapable d’entendre cela, à nouveau, il dira que c’est de votre faute, que vous êtes trop émotive, trop immature, trop sensible, trop faible… sans vouloir admettre une seule seconde qu’IL est l’origine de tout cela… Et que finalement tous ces qualificatifs parlent de lui et de tout ce dont il s’est coupé pour ne surtout pas le reconnaître.

Il est important de comprendre que rencontrer un évitant ne signifie pas automatiquement entrer dans une relation toxique. Ce qui fait la différence, c’est la durée, la répétition, et l’absence de remise en question de l’autre.

Un évitant conscient, engagé dans un travail sur lui, peut reconnaître ses limites. Un évitant dédaigneux sévère, lui, tend à les nier, à les projeter, ou à les retourner contre l’autre.

Les signaux à reconnaître sont :

  • La difficulté à réparer après un conflit.
  • L’incapacité à reconnaître l’impact de ses comportements.
  • Le retrait systématique quand l’intimité augmente.
  • La dévalorisation subtile de la sensibilité de l’autre.

Rencontrer un évitant dédaigneux sévère est une expérience qui teste profondément l’ancrage intérieur.

Elle oblige à choisir entre s’ajuster pour maintenir le lien ou se respecter pour rester entier.

Ce type de rencontre peut devenir un révélateur puissant. Elle met en lumière ses propres limites, ses blessures d’attachement, sa capacité à dire non. Elle confronte à une vérité essentielle : on ne peut pas créer une relation seul. Et tant que l’évitant dédaigneux sévère n’entamera pas un profond travail intérieur de connaissance de lui et de reconnaissance de ses blessures et de ses dysfonctionnement, la relation est vouée à l’échec, car chaque fois qu’il reviendra, il cherchera à nouveau à se dégager de toute responsabilité et cherchera encore et encore à vous la faire porter en usant de son dédain et de dénigrement. C’est un cercle vicieux qui finira par vous user. Vous perdez toute votre énergie à essayer de vous améliorer alors que le travail n’est plus entre vos mains. Quand vous avez enfin fait tout ce que vous pouviez faire de votre côté, vous comprenez enfin.

Vous comprenez son dédain, son orgueil, sa déresponsabilisation, sa lâcheté, son incapacité à aller voir à l’intérieur. Et maintenant que vous êtes arrivée au bout des 50% que vous pouviez faire dans la relation, malgré l’affection que vous pouvez avoir pour lui, vous comprenez que rien ne sera possible tant que lui n’aura pas fait les siens… C’est complètement vide, exténuée, que, pour votre survie et afin de vous respecter, vous décider de mettre enfin de la distance et de le laisser face à lui-même.

Vous n’avez pas échoué. Vous avez fait tout ce que vous pouviez. Désormais le reste ne vous appartient plus. Face à votre absence, il sera soudain face à son vide. La fuite n’a plus de sens si personne ne le poursuit plus. C’est seulement là qu’il prendra (peut-être) un jour conscience de tous ses dysfonctionnements et de la profonde douleur qu’il vous a infligé. Mais seulement quand toute son agitation intérieure sera parvenue à se taire enfin. Avant, il ne voit que ses peurs (qu’il cherche à fuir) et vous pense responsable de tout son tourment… car incapable de tourner le regard sur lui-même.

Laissez-le face à lui-même. Sinon, vous continuerez de vous épuiser, et vous lui offrez l’opportunité de continuer de projeter son trouble à l’extérieur (c’est-à -dire, sur vous…). Finalement, votre absence lui rend service. Elle l’oblige à se confronter enfin à lui-même. C’est le plus beau cadeau que vous puissiez lui faire. Car dans votre absence, il aura enfin la possibilité de guérir et de se libérer de tous les comportements dysfonctionnels qui l’empêchent de révéler son plein potentiel. Et, en vous offrant cet espace loin de lui, vous vous offrez aussi l’espace de vous révéler vous aussi enfin !

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